Le miroir de Cassandre de Bernard WERBER - avis littéraire

mardi 11 novembre 2014

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre de Science-Fiction que j’ai lu il y a un long moment déjà. Il s’agit du Miroir de Cassandre écrit par Bernard WERBER.

lemiroir de cassandre vdb
Le Miroir de Cassandre - Bernard WERBER
Editions VDB - durée d'écoute : 21h15


C'est parti pour la chronique!

On commence par un suicide au premier chapitre. Un homme saute d’un immeuble parisien avec à son bras une montre indiquant la probabilité de mourir. Plus il s’approche du sol et plus la probabilité augmente.

Au deuxième chapitre, on retrouve Cassandre Katzenberg, l’héroïne de l’histoire. Elle est dans le bureau du directeur de son école car elle a attaqué une de ces camarades de chambre au visage en pleine nuit. Celle-ci n’avait pas voulu la croire lorsqu’elle s’était réveillée en hurlant qu’un attentat allait se produire dans les jours à venir.
Cassandre n’a pas l’air commode et ne s’en veut pas du tout de ce qu’elle a fait. Le principal aussi bizarre, il lui parle de la signification des prénoms et de leur influence sur le déroulement de la vie des personnes qui les portent. Il lui demande si elle est un monstre...

C’est un roman à la troisième personne. Une atmosphère étrange est mise en place dès les premiers chapitres.   

L’histoire de la jeune fille aux grands yeux gris clairs est très intéressante. On est vite pris dans le roman et embarqué dans l’action. On s’attache à Cassandre, son parcours et aux différents personnages qu’elle va rencontrer. Ils sont intrigants et on a du mal à les cerner. Sont-ils bons ou mauvais? On se sent un peu perdu, comme la jeune fille en quelque sorte.
J’ai aimé suivre Cassandre, cette jeune fille qui se cherche et observer son évolution au fil des mots. Elle change petit à petit pour grandir plus zen et avec moins de rancœur.
  

Le style de Bernard WERBER est bon.  J’aime la façon dont les éléments (des éléments que l’on n’aurait même pas soupçonnés) s’imbriquent entres eux. Il a joué avec les probabilités et les paradoxes et a beaucoup utilisé les réflexions et les rêves de Cassandre. Les mots et leurs significations se mélangent, le passé et l’avenir également. L’histoire est vraiment bien trouvée, je ne m’attendais pas à une telle tournure.

Dans ce roman, il est très intéressant de prendre un autre point de vue sur le monde dans lequel nous vivons, sur les gens qui vivent dans la rue, par exemple, ou sur le gâchis ou encore sur notre façon de vivre ou de se voiler la face. J’ai aimé cette réflexion sur la vie.

 

J’ai découvert cet ouvrage en audio book (si tu veux savoir pourquoi un livre-audio, tu cliques ici) mais j’ai eu l’impression que, par moment, il doit être un peu longuet à lire. Il est parfois un peu mou et on attend longtemps avant que ça bouge vraiment (une impatience de savoir la fin?). Il y a également, de temps en temps, des trucs un peu glauques (âmes très sensibles s’abstenir) [spoiler]Par exemple, le coma dans les poupées...[/spoiler]

La version audio est excellente. Le livre est lu par Véronique GROUX DE MIERI et Hervé LAVIGNE qui s’adaptent vraiment très bien aux personnages et qui mettent le ton comme il faut. Il y a également des musiques d’ambiance qui collent aux différentes situations (un peu comme dans les films à suspens) et des bruitages. Le tout nous offre un très très bon résultat que je ne regrette pas d’avoir découvert.

  

En bref, ce n’est pas un coup de cœur mais une belle découverte que je vous conseille particulièrement en version audio (aux éditions VDB).
  

 

Remarque : J’ai lu que Bernard WERBER était beaucoup critiqué pour faire référence à ses romans passés au cours de ses histoires. Ce n’est pas quelque chose qui me choque car c’est un univers qui lui est spécifique qu’il crée. Je trouve ça même plutôt bien de rester dans un même monde. Il n’est d’ailleurs pas le seul à l’utiliser, en commençant par TOLKIEN et sa mythologie de la Terre du Milieu.

Bonne écoute!Signature Gloewen


Jane Eyre de Charlotte BRONTË - avis littéraire

vendredi 31 octobre 2014

Janvier, le temps des bonnes résolutions est looooin!! Je suis complètement à la bourre dans mes chroniques! Mais qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, je vais vous parler de Jane EYRE de Charlotte BRONTË (traduit de l'anglais par Noëmi LESBAZEILLES SOUVESTRE).

En avant pour la chronique sans spoiler!

Jane Eyre de Charlotte BRONTE - livre audio
Durée d'écoute : 21h30   -   Lecture par Mélodie RICHARD
Si tu veux savoir pourquoi un livre audio, tu cliques ici.

Oui, ça y est, j’ai sauté le pas!

C’est un Classique archi-connu et j’étais curieuse de le lire pour parfaire ma culture littéraire (ouh, ouh, ouh, les grands mots) et pour vérifier un préjugé que le film m’a donné il y a quelques années. Autant vous le dire tout de suite : j’ai détesté le film! Peut-être était-ce dû à mon âge car j’étais encore bien jeune mais j’ai détesté Monsieur Rochester et je ne comprenais pas pourquoi Jane tenait tant à lui.

Je partais donc avec mes à-priori.
  

Heureusement, le livre original a revu mon avis à la hausse! Il y a pas mal de différences entre le film et le texte de Charlotte BRONTË (dues au besoin du film j’image) et les parties coupées manquent à l’histoire au même titre que les pensées et réflexions de Jane.

J’ai apprécié les divisions franches du roman en fonction des différentes étapes de sa vie et les descriptions de la vie et des mœurs de l’époque. Cependant, parfois les explications sont un peu longuettes.
Par exemple, lorsque Jane Eyre veut expliquer une anecdote, elle raconte des éléments passés quelques heures avant qui n’apportent rien à l’anecdote.
(Du genre : «Je me baladais dans la cour lorsque, sous la douce brise caressant mon visage, je me suis arrêtée pour admirer le jardin aux magnifiques couleurs de fins d’été. Le vent faisait vibre chacune des petites feuilles qui dansaient et me rappelaient le… blablabla…» Tout ça pour raconter que, quelques heures plus tard, elle a croisé machin qui faisait un truc suspect quand elle était dans la bibliothèque...)
L’avez-vous ressenti? Je comprends que ça puisse être utile pour cerner le personnage et son caractère, sa vison des choses et son esprit mais j’ai trouvé que c’était beaucoup trop pour chaque anecdote racontée par JE.

Par contre, j’ai apprécié l’histoire de cette femme et les diverses «aventures» qu’elle vit, même si cela ressemble un peu trop à un conte de fées [spoiler]( Il était une fois une pauvre petite fille malchanceuse qui doit lutter contre son statut et l’adversité [...] et ils se marièrent et eurent de beaux enfants... Fin. )[/spoiler], et la façon dont elle est contée. Les personnages que Jane rencontre sont aussi développés et on sait ce qu’ils deviennent par la suite même si cela n’a plus d’intérêt dans la vie de JE. C’est un bon point pour moi. Toutes nos questions trouvent des réponses.
  

En bref, cette lecture n’a pas été un coup de cœur mais je suis contente de connaître enfin cette œuvre. Si vous aimez les classiques, allez-y!

 


 Pour info :

Jane AUSTEN : Hampshire, Angleterre (1775- 1817, décédée à 41 ans)

Charlotte BRONTË : Yorkshire, Angleterre (1816-1855, décédée à 38 ans)

  • Jane Eyre en 1847
  • Shirley 1849
  • Villette 1853

Bonne lecture!Signature Gloewen

 

Vipère au poing de Hervé BAZIN - Avis littéraire

samedi 17 mai 2014

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre Classique que vous connaissez sûrement, au moins de nom : Vipère au poing d’Hervé BAZIN.

Ce livre a été écrit en 1947 et envoyé chez l’éditeur dès janvier 1948. Son succès fût immédiat. C’est une fiction mais elle est très très largement inspirée de son enfance dans les années 1920.

Hervé Bazin Vipère au poing   Vipère au poing Hervé Bazin
Editions Grasset - 249 pages
Editions Le livre de poche
- 255 pages

Editions Naïve - 5 heures 38

Le livre commence avec une anecdote. Jean Rezeau, un petit garçon, attrape par le cou une vipère dormant au soleil. Il la tue avec sa petite main et la ramène chez lui. Sa famille et les serviteurs croyant la bête en vie sont effrayés. C’est une image mais elle dit beaucoup du livre.

Il y a ensuite une sorte de petite introduction où l’auteur nous parle de la famille de Jean, ses ancêtres et leur statut (qui ressemblent étrangement à ceux de sa famille, les noms ont à peine été modifiés). C’est un peu lent et fastidieux, il faut s’accrocher.
  

Puis, l’histoire commence enfin.

   Jean et son frère Fernand vivent avec leur grand-mère dans le domaine familial de la Belle-Angerie. Leurs parents ne vivent pas avec eux, ils sont de l’autre côté du monde en Chine. Mais tout ça va changer le jour où la grand-mère décède.
   En effet, ses parents reviennent habiter au manoir et ramènent avec eux un petit frère. La mère est sèche et autoritaire et le père effacé. Dès le premier instant, le ton est donné. Il va y avoir de nouvelles règles et elles seront dures et rigides.

Ce roman nous présente l’évolution de Jean et la façon dont il se construit dans un cadre difficile plein de haine. Paule Pluvignec, cette mère retrouvée est étroite d’esprit, autoritaire, avec de vieux principes figés et avare de sentiments. A l’instar de ses fils, nous la détestons tout de suite. Elle est souvent injuste et abusive et, même si leur père Jacques Rezeau n’est pas vraiment d’accord avec elle, il préfère se taire et éviter la confrontation.

Tout au long du livre, nous assistons à la colère et la révolte du garçon et, même s’il elle n’est pas toujours physique, il y a beaucoup de violence dans ce livre et certains passages sont difficiles. Par moment, on se trouve même mal à l’aise.

Cependant, il y a quand même quelques scènes et tournures assez drôles.

Ce n’est pas un roman facile à lire. Il est d’une autre époque et le vocabulaire a changé. Malgré cela, l’histoire reste très parlante et trouve un écho au fond de nous.

Dès qu’elle ouvre la bouche, j’ai l’impression de recevoir un pied au cul. Ce n’est pas étonnant avec ce menton en galoche.

(Hervé BAZIN – Vipère au poing)

Pour ma part, je l’ai emprunté à la médiathèque en livre audio car je n’étais pas sûr de réussir à le lire (je crois avoir déjà tenté de le lire il y a quelques années sans succès). C'est Pierre VANECK qui a prêté sa voix à l'histoire. Il était très doué pour faire passer les sentiments et les émotions.

Selon moi, c’est surtout dans le début du livre qu’il faut s’accrocher. Une fois qu’on est entré dans l’histoire, on a envie de connaître la suite car elle est très prenante et il y a beaucoup de leçons à en tirer.
  

En bref, je n’ai pas adoré ce roman mais je peux dire qu’il m’a touché. C’est un classique à lire au moins une fois dans sa vie.
  

[Spoiler] (pour ceux qui ont lu le bouquin et qui voudraient en discuter)
Dans le début du roman, on s’attache beaucoup à Brasse-Bouillon et à son frère, on est de leur côté. Face à eux, et il y a Folcoche, c’est l’ennemi, le diable en personne. A la fin du roman j’étais mal à l’aise vis à vis de Brasse-Bouillon. Folcoche, c’est l’ennemi… et Brasse-Bouillon? Finalement, c’est comme si on relativisait. Le jeune garçon a changé est n’est pas devenu un tendre. Brasse-Bouillon sait que les choses qu’il fait ne sont pas toujours bonnes mais il les fait quand même. Ils sont un peu pareils tous les deux et, par son attitude, Folcoche l’a en quelques sortes gâché. Il n’est plus que Haine.
[/Spoiler]

 

NB : Il y a deux adaptations cinématographiques de Vipère au poing (que je n'ai pas vues) :

1971 - Réalisée par Pierre Cardinal, avec Alice Sapritch ("La Vielle" dans "La folie des grandeurs") dans le rôle de Folcoche. Vipère au poing Pierre de Broca
2004 - Réalisée par Philippe de Broca, avec Jacques Villeret jouant Jacques Rezeau et Catherine Frot qui y interprète Folcoche. Vipère au poing Philippe de Broca

Bonne lecture!Signature Gloewen